Fonctions d’une variable réelle : exercices corrigés L1
Ce chapitre consolide les raisonnements classiques d’analyse : existence d’une solution par continuité, stationnarité avec Rolle, et encadrements grâce au théorème des accroissements finis. Chaque hypothèse (intervalle, continuité, dérivabilité) doit être justifiée.
L'essentiel à retenir
Le théorème des valeurs intermédiaires (TVI) assure qu’une fonction continue sur [a,b] prend toutes les valeurs entre f(a) et f(b).
Si une fonction continue est strictement monotone sur [a,b], toute valeur intermédiaire est atteinte une seule fois.
Théorème de Rolle : si f est continue sur [a,b], dérivable sur (a,b) et f(a)=f(b), alors il existe c∈(a,b) avec f′(c)=0.
Théorème des accroissements finis (TAF) : il existe c∈(a,b) tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a).
Une dérivée positive sur un intervalle entraîne la croissance ; une borne sur la dérivée fournit un encadrement des variations.
Exercice 1 — TVI et unicité d’une racine
On considère f(x)=x3+x−1 sur [0,1].
Prouver que f s’annule au moins une fois sur ]0,1[.
Prouver que cette racine est unique.
L’encadrer entre deux dixièmes consécutifs.
Corrigé détaillé
1. Existence. Un polynôme est continu. f(0)=−1<0 et f(1)=1>0. Le TVI fournit α∈(0,1) avec f(α)=0.2. Unicité.f′(x)=3x2+1>0 sur [0,1]. La fonction est strictement croissante : la racine est unique.3. Encadrement.f(0,6)=0,216+0,6−1=−0,184<0 et f(0,7)=0,343+0,7−1=0,043>0. Par croissance : 0,6<α<0,7.
Exercice 2 — Application du théorème de Rolle
Soit g(x)=x2−4x+3 sur [1,3].
Vérifier les hypothèses du théorème de Rolle.
Trouver c∈(1,3) tel que g′(c)=0.
Interpréter géométriquement.
Corrigé détaillé
1.g est polynomiale, donc continue sur [1,3] et dérivable sur (1,3). g(1)=1−4+3=0 ; g(3)=9−12+3=0. Les conditions de Rolle sont réunies.2.g′(x)=2x−4, donc g′(c)=0 pour c=2.3. La tangente à la courbe au point d’abscisse 2 est horizontale. Cela correspond au minimum g(2)=−1.
Exercice 3 — Encadrer un logarithme avec le TAF
Pour t>0, appliquer le théorème des accroissements finis à h(x)=ln(1+x) sur [0,t] afin de démontrer
1+tt<ln(1+t)<t.
Corrigé détaillé
1. Hypothèses.h est continue sur [0,t] et dérivable sur (0,t).2. TAF. Il existe c∈(0,t) tel que h(t)−h(0)=th′(c)=1+ct, donc ln(1+t)=1+ct.3. Encadrement. Comme 0<c<t, on a 1<1+c<1+t. Inverser les nombres positifs donne 1+t1<1+c1<1. En multipliant par t>0 : 1+tt<ln(1+t)<t.
Exercice 4 — Continuité et prolongement
Soit f(x)=sin(2x)/x pour x=0 et f(0)=a.
Déterminer a pour que f soit continue.
Calculer f′(0).
Donner f′(x) pour x=0.
Corrigé détaillé
1. Comme sin(2x)/(2x)→1, sin(2x)/x→2. La continuité impose a=2.2.(f(x)−2)/x=(sin(2x)−2x)/x2. Le développement sin(2x)=2x−34x3+o(x3) montre que la limite est 0=f′(0).3. La dérivation du quotient pour x=0 donne f′(x)=x22xcos(2x)−sin(2x).
Exercice 5 — Rolle et racines d'un polynôme
Pour P(x)=x3−3x+1, 1. Calculer P′(x) et dresser les variations.
Prouver que P possède trois racines réelles distinctes.
Expliquer par Rolle pourquoi il ne peut en avoir quatre.
Corrigé détaillé
1.P′(x)=3(x−1)(x+1) : P croît avant −1, décroît entre −1 et 1, puis croît après 1.2.P(−1)=3>0, P(1)=−1<0, et P(x) tend vers −∞ à gauche et +∞ à droite. Le TVI donne une racine dans chacun des trois intervalles de monotonie, donc trois racines distinctes.3. Quatre zéros distincts de P imposeraient au moins trois zéros distincts de P′ par Rolle, impossible pour une dérivée de degré deux.
Exercice 6 — Contraction et point fixe
Soit f(x)=1+x sur [0,+∞[ et u0=0, un+1=f(un).
Majorer ∣f′(x)∣.
Montrer que f est contractante.
Déterminer limun.
Corrigé détaillé
1.f′(x)=1/(21+x), donc 0<f′(x)≤1/2.2. Le théorème des accroissements finis donne ∣f(x)−f(y)∣≤21∣x−y∣ pour x,y≥0.3. Le point fixe positif satisfait ℓ2=1+ℓ, donc ℓ=(1+5)/2. Comme ∣un+1−ℓ∣≤2−1∣un−ℓ∣, on obtient ∣un−ℓ∣≤2−n∣u0−ℓ∣→0. La limite est (1+5)/2.
Exercice 7 — Bijection et dérivée de l'inverse
Soit f(x)=x3+x.
Prouver que f est bijective de R sur R.
Calculer f−1(2).
Déterminer (f−1)′(2) et la tangente correspondante.
Corrigé détaillé
1.f′(x)=3x2+1>0, et les limites de f sont −∞ et +∞ : f est strictement croissante et surjective, donc bijective.2. Puisque f(1)=2, f−1(2)=1.3. La formule de dérivée réciproque donne (f−1)′(2)=1/f′(1)=1/4. La tangente au point (2,1) a pour équation y=1+41(x−2).
Exercice 8 — Étude asymptotique
Soit f(x)=x2+4x+5 pour x≥0.
Trouver limf(x)/x.
Trouver lim(f(x)−x).
Déterminer la position de la courbe par rapport à son asymptote.
Corrigé détaillé
1.f(x)/x=1+4/x+5/x2→1.2. Par rationalisation, f(x)−x=(4x+5)/(x2+4x+5+x)→2.3. L'asymptote est y=x+2. On vérifie f(x)2−(x+2)2=1 ; donc f(x)−(x+2)=1/(f(x)+x+2)>0. La courbe est strictement au-dessus de la droite.
Exercice 9 — Maximum d'un volume
On découpe des carrés de côté x aux coins d'une feuille carrée de côté 20 cm puis on replie pour former une boîte.
Exprimer le volume.
Étudier sa dérivée.
Trouver son maximum.
Corrigé détaillé
1. Pour 0<x<10, la hauteur vaut x et le côté de la base 20−2x, donc V(x)=x(20−2x)2.2.V′(x)=(20−2x)(20−6x). Le premier facteur est positif ; le second est positif si x<10/3 et négatif au-delà.3. Le volume maximal est obtenu en x=10/3 cm, et vaut V(10/3)=16000/27cm3, soit environ 592,6 cm³.
Exercice 10 — Fonction continue et nombre de solutions
Soit f(x)=x3−3x sur [−2,2].
Déterminer ses extrema.
Pour quelles valeurs de a l'équation f(x)=a admet-elle une solution ?
Donner les solutions pour a=0.
Corrigé détaillé
1.f′(x)=3(x2−1). On trouve f(−2)=−2, f(−1)=2, f(1)=−2, f(2)=2. L'image de l'intervalle est donc [−2,2].2. Par continuité, f(x)=a admet au moins une solution sur [−2,2] exactement quand a∈[−2,2].3.f(x)=x(x2−3). Pour a=0, les trois solutions sont −3, 0 et 3, toutes admissibles.